22.06.2017

« Les Hlm sont en première ligne dans la transition énergétique et environnementale des logements en France »

Directeur de la maîtrise d'ouvrage et des politiques patrimoniales à l’Union sociale pour l’habitat, Christophe Boucaux revient sur les avancées et les ambitions du secteur Hlm en matière de transition énergétique et environnementale.

Le secteur Hlm est à la pointe de la transition énergétique et environnementale. Comment cela s’explique-t-il ?

En effet, un logement social consomme 30% d’énergie et 50% d’eau en moins qu’un logement privé. Le secteur Hlm a historiquement anticipé toutes les réglementations thermiques successives qui se sont imposées pour les bâtiments neufs en France. Il accompagne aujourd’hui le développement des écoquartiers, pour lesquels la moitié des logements sont des Hlm.

Cette avance tient en partie à la vision de long terme dans laquelle les organismes Hlm inscrivent leurs actions. Leur activité de gestionnaire patrimoniale de long terme implique une réflexion en amont sur l’efficacité et la durabilité des solutions techniques et des services qu’ils proposent. Les organismes intègrent ainsi l’ensemble des problématiques énergétiques et environnementales des bâtiments lorsqu’ils construisent ou rénovent. Chaque année, 110 à 150 000 logements sont rénovés.

Mais la recherche de l’efficacité énergétique est aussi liée à la vocation des organismes Hlm d’accueillir des ménages modestes. Réduire la consommation d’énergie doit permettre de réduire les charges. Sur le long terme, réduire la consommation d’énergie, c’est aussi en quelque sorte bâtir un bouclier énergétique pour les ménages logés.

Pour permettre aux habitants de maîtriser leur consommation, les organismes Hlm réalisent des actions de sensibilisation, les accompagnent durablement et recourent autant que de possible à des procédés simples. Par exemple, afin de limiter la consommation en eau, des dispositifs de réduction de débit et des mousseurs adaptés ont été mis en place.  

De par ce savoir-faire technique et social, les Hlm sont vecteurs de progrès pour la transition énergétique et environnementale du secteur du bâtiment en France.

Quelles sont les ambitions du Mouvement Hlm dans ce domaine aujourd’hui ?

Avec ACTE Hlm 2016-2020 (Agir pour le Climat et la Transition Energétique), le Mouvement Hlm s’est engagé à renforcer son action pour lutter contre le dérèglement climatique et la précarité énergétique des ménages. Avec son Engagement volontaire en faveur de l’expérimentation du référentiel relative à la performance environnementale des bâtiments neufs, porté par le Label « Énergie positive et Réduction Carbone », il traduit une nouvelle fois son dynamisme pour tracter la filière vers les objectifs de la Stratégie nationale Bas-Carbone. D’ici à 2020, ACTE Hlm prévoit la généralisation de bâtiments très sobres en besoins énergétiques, voire à énergie positive lorsque les conditions locales sont réunies.

Alors que la généralisation des Bâtiments basse consommation (BBC) est acquise depuis 2010 dans la production Hlm, le développement de la production d’énergie à partir du patrimoine Hlm constitue la prochaine étape. Grâce aux moyens de production, le patrimoine Hlm pourra ainsi devenir producteur d’énergie pour son propre compte.

Quels sont les principaux enseignements de l'Observatoire des charges en Hlm, en matière énergétique et environnementale ?

Lancé il y a une trentaine d’année, cet observatoire est aujourd’hui constitué de données issues de  900 000 logements, soit 25% du patrimoine Hlm, qui fournissent annuellement des informations sur l’évolution des charges. Grâce à cette collecte, l’Observatoire des charges éclaire les organismes Hlm sur la structuration des charges de leur patrimoine, leur permettant ainsi de mieux cibler les actions à entreprendre et de se comparer à d’autres situations territoriales ou régionales.

Nous avons ainsi pu constater qu’entre 1982 et 2014, les charges locatives liées au poste « chauffage et eau chaude sanitaire » du patrimoine chauffé collectivement ont baissé de 52%, grâce à l’amélioration continue de la performance énergétique de notre patrimoine.

Comment les nouvelles technologies, liées aux logements connectés et intelligents, peuvent accompagner cette transition ?

Le secteur Hlm expérimente des services numériques afin de permettre aux ménages de réduire leur consommation énergétique. À l’aide d’objets connectés, on est ainsi en mesure d’envoyer aux locataires des éléments d’appréciation de leur consommation en temps réel. Cela les aide à adopter les bons gestes et les bons comportements au quotidien. Les logements connectées offrent aussi de nombreuses opportunités en matière de pilotage des consommations pour les équipes d’exploitation.

Le rôle de l’Union sociale pour l’Habitat est d’organiser une veille sur ces nouvelles technologies et d’identifier les opportunités qui peuvent en découler. Nous apportons un éclairage aux organismes sur les expérimentations qui se conduisent et organisons les retours d’expérience pour qu’ils puissent s’engager à leur tour dans des actions de cette nature.

Lire aussi :
>> Les Hlm, acteurs clés de la transition énergétique et environnementale
>> « Sensibiliser les locataires pour diminuer leur facture énergétique et préserver l’environnement », interview de Béatrix Mora, directrice du service des politiques urbaines à l'Union sociale pour l'habitat 

Crédit photo : DR écoQ Seine Ouest ©Takuji Shimmura