28.06.2017

« Le secteur Hlm est un remarquable lieu d’innovation pour la transition énergétique et environnementale »

Le Plan Bâtiment Durable rassemble l’ensemble de la filière bâtiment et immobilier afin de favoriser l’atteinte des objectifs de la transition énergétique et environnementale du secteur. Retour sur ces défis et sur le rôle du logement social avec son président, Philippe Pelletier.

Pouvez-vous faire un point d'étape sur le déploiement du Plan Bâtiment Durable en France ?

Depuis le lancement du Plan Bâtiment Durable en 2009, ce sont plus de trente groupes de travail thématiques qui ont été lancés. De nombreuses propositions imaginées collectivement au sein de ces groupes ont été portées auprès des pouvoirs publics, et la plupart sont en application.

Au quotidien, le Plan Bâtiment Durable met en réseau les acteurs de la filière : des milliers de partenaires sont mobilisés sur l’ensemble du territoire, à l’échelon national et local. Depuis 2013, le Plan Bâtiment Durable se déploie et sept régions pilotes se sont lancées dans la mise en place d’un plan régionalisé. Aujourd’hui, nous accompagnons ces territoires afin qu’ils mobilisent les acteurs à l’échelle régionale et soutiennent la dynamique du secteur.

Bien entendu, nous poursuivons notre rôle de concertation permanent sur des sujets variés comme les évolutions de la communication à destination du particulier pour favoriser le passage à l’acte, la rénovation du parc tertiaire, la transition environnementale des bâtiments éducatifs ou les travaux prospectifs sur les bâtiments de demain au sein de notre groupe « Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050 ».

Quels sont selon vous les principaux défis que notre pays doit prendre en compte pour réussir la transition énergétique et environnementale des   bâtiments ?

Sur le sujet de la rénovation, il faut maintenant passer à la massification des travaux. On estime à un peu plus de 400 000 le nombre de logements rénovés énergétiquement chaque année. Il faut considérablement amplifier ce chiffre. Cela nécessite de poursuivre la montée en compétences des professionnels et la structuration de la filière mais également d’accompagner les particuliers et de mieux les informer. Cela suppose aussi un changement sans précédent dans notre manière d’aborder les projets, nous devons pouvoir industrialiser le marché de la rénovation en laissant toute leur place aux petites structures, comme cela a été fait avec succès dans d’autres champs de l’économie. Sur le sujet du neuf, une expérimentation ambitieuse est lancée afin de préfigurer la future réglementation, qui ne sera plus seulement thermique mais aussi environnementale : il faut s’assurer de son succès grâce au nombre important de retours d’expériences, en laissant le temps nécessaire au bon déploiement de cette expérimentation.

Dans tous ces sujets, l’habitant doit être au cœur des préoccupations : confort, usage et bien-être dans le bâtiment sont en effet essentiels. 

Quelle est la place et quel doit être le rôle du secteur Hlm dans cette transition ?

Les acteurs du secteur Hlm sont pleinement engagés dans cette transition énergétique et environnementale. On sait que le parc Hlm est moins énergivore que le reste du parc résidentiel dans la mesure où il fait l’objet de rénovations de manière plus régulière, conduite par sa maîtrise d’ouvrage professionnalisée, sur des rénovations de plus grande envergure : ce qui a permis de créer au sein du milieu HLM un remarquable lieu d’innovation et d’expérimentation. C’est ainsi qu’on y trouve des opérations d’instrumentation des logements et d’accompagnement des locataires, par exemple au travers d’un MOOC lancé à l’automne sur la plateforme MOOC Bâtiment Durable (https://mooc-batiment-durable.fr), et une approche expérimentale d’industrialisation des chantiers, notamment au travers du programme EnergieSprong.

Le secteur Hlm se révèle également moteur sur le sujet de la construction neuve en participant activement à l’expérimentation « Energie-Carbone » lancée par les pouvoirs publics en vue de la future réglementation environnementale. 

La 5e semaine nationale des Hlm (24 juin - 2 juillet) a pour thème la transition énergétique et environnementale et proposera des nombreux événements ludiques et pédagogiques ouverts aux habitants, journalistes et responsables locaux. Dans ce cadre, quels sont les messages qu'il vous semble important de faire passer à ces acteurs afin de réussir collectivement la transition énergétique et environnementale ?

La transition énergétique et environnementale des bâtiments nous touche tous, aussi bien professionnels que particuliers : elle mobilise l’ensemble de la filière construction mais interpelle chacun de nous parce que nous passons le plus clair de notre temps dans un bâtiment. Il convient alors que chacun fasse évoluer ses pratiques professionnelles vers davantage de sobriété énergétique, et apprenne à utiliser son logement. Cette transition ne pourra s’opérer massivement que si l’ensemble de la chaine, de l’habitant au maître d’ouvrage, de l’artisan à l’industriel, du particulier aux pouvoirs publics, se mobilise. Le secteur Hlm, qui a d’ores et déjà largement investi dans cette démarche, doit montrer le chemin. Nous avons ainsi beaucoup à apprendre de l’expérience de ce secteur, que nous devons, dans le même temps encourager et soutenir pour que la dynamique ne faiblisse pas.

Cette Semaine nationale consacrée à la transition énergétique est une belle opportunité pour y parvenir !