« Imaginer et concevoir l’affiche de la Semaine Hlm, c’est une démarche artistique sociale et humaine »

Pour la troisième année consécutive, le photographe, illustrateur et affichiste Pascal Colrat décline le thème de la Semaine nationale des Hlm. En réalisant l’affiche de cette nouvelle édition, il propose une vision poétique et engagée du logement social et de la transition énergétique. Rendez-vous au cœur de son atelier, pour découvrir les étapes de sa conception.

Pourquoi vous semble-t-il important de parler du logement social et de la transition énergétique en tant qu’artiste ?

Ce sont des thèmes qui parlent à tous mais en tant qu’artiste, je pense qu’il est important de sensibiliser les gens, de s’engager. Je travaille beaucoup pour le Ministère de la Culture, pour des théâtres… C’est la troisième année que je collabore avec la Semaine Hlm et, pour moi, c’est une démarche artistique qui est plus sociale et humaine que ce que je fais au quotidien. C’est un autre rapport à l’art, il y a quelque chose de palpitant.

La thématique de cette année, la transition énergétique et environnementale, m’intéresse beaucoup. C’était un challenge pour moi de trouver une image qui puisse en parler tout en ayant de l’impact. Concernant le logement social, c’est un thème qui me tient particulièrement à cœur. J’occupe moi-même un atelier qui est situé en Hlm. Si je n’avais pas cet atelier, avec un loyer adapté à mes revenus, je ne pourrais tout simplement pas exercer mon métier.

Quels ont été les convictions et les choix qui ont guidé votre travail sur l'affiche  ?

J’habite à Vitry-sur-Seine (94), une ville en pleine métamorphose. En observant les nouvelles constructions, on remarque qu’elles offrent une place primordiale à un élément que j’affectionne particulièrement : l’arbre. Je ne voyais pas autre chose pour incarner à la fois la vie et la transition énergétique. J’ai voulu en faire un personnage à part entière. J’avais également l’envie de travailler le bois.

Quelles ont été les différentes étapes de sa conception ?

Lorsque j’ai appris le thème de cette année, j’ai commencé par réaliser une trentaine d’esquisses. Je tenais à créer une ambiance poétique… L’idée d’un arbre escalier est venue assez rapidement. J’avais un dessin, mais je voulais plus. Je voulais matérialiser cet arbre, le rendre réel.

Sa réalisation a été un peu plus longue, il a fallu trouver les bonnes techniques et les matériaux adéquats. Cette étape de conception a duré entre un et deux mois.

Une fois l’arbre terminé, je l’ai mis en scène dans un décor afin qu’il puisse être photographié. Entre le dessin et la photo, le choix était simple. Nous avons opté pour la photo.

Quels ont été les principaux défis que vous avez dû relever ?

Il a fallu tout fabriquer et l’un des défis était de savoir comment soutenir l’arbre… C’était très stimulant car au-delà des aspects techniques, il fallait réussir à donner vie à l’objet, qu’il devienne à la fois personnage et poésie.

Découvrez le making off de l'affiche 

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Son parcours
Pascal Colrat est né le 21 août 1969 à Paris. Après avoir fait l'École Supérieur des Beaux-Arts de Paris, il choisit très tôt comme support d’expression l'affiche. Il travaille pour différentes institutions culturelles et politiques ­: Amnesty International, Act Up, Le Tarmac de la Villette, l'Opéra de Lille, la Scène nationale de Petit-Quevilly / Mont-Saint-Aignan, le Grand Théâtre de Lorient etc. Il expose par ailleurs au Centre Georges Pompidou, en mai 2002, une importante série de diptyque, "Signes de la Biélorussie", résultats de son travail sur ce pays, ayant pour propos la dénonciation du drame de l'après Tchernobyl dans un climat post communiste fort. A l'opposé, son voyage à Los Angeles, grâce au prix de la Villa Médicis Hors les Murs, l'amène à réaliser une confrontation, toujours en diptyque, entre starisation extrême et violence dans les gangs. Ses œuvres sont actuellement exposées au Musée d’Art Moderne de Moscou.

Son site 
http://www.pascalcolrat.fr/